Labellisé depuis 2017, le Taravo est aujourd'hui menacé par la construction d'une microcentrales hydroélectriques, tout comme deux de ses affluents. Depuis 10 ans, le label a permis de fédérer et rassembler l'ensemble des acteurs locaux autour de ce fleuve et de sa vallée. Aujourd'hui tous se mobilisent activement contre cette menace, pour préserver leur joyaux et conserver le label. Trois enquêtes publiques sont ouvertes jusqu'au 6 février.
En France, seulement 1 % des 450 000 km de rivières peut encore être considéré comme « sauvage » ou proche de son fonctionnement naturel. Parmi les principales causes de dégradation de ces écosystèmes aquatiques, on recense aujourd’hui environ 80 000 ouvrages et obstacles artificiels.
Leurs impacts sont multiples : rupture de la continuité écologique, perturbation du transport des sédiments, diminution des populations aquatiques, transformation des écosystèmes, modification de la qualité de l’eau et de sa température, artificialisation des débits, ainsi que conséquences sur les milieux terrestres associés.
L’ARRS s’engage depuis de nombreuses années pour la préservation de ces rivières via le label Sites Rivières Sauvages. Aujourd’hui, ce sont près de 1 000 km de cours d’eau qui bénéficient de ce label et d’une gestion attentive par les acteurs locaux.
Malgré les politiques de restauration de la continuité écologique et les outils de protection existants, certaines rivières à haute naturalité restent menacées par des projets destructeurs. C’est le cas du Taravo, magnifique fleuve de Corse-du-Sud long de 65 km. Labellisé Site Rivières Sauvages depuis 2017 et au niveau 3 depuis 2022, il figure parmi les rivières les plus préservées de France. Ce label s’accompagne d’une gouvernance exemplaire, réunissant collectivités, services de l’État, associations, scientifiques, acteurs économiques et riverains. Cette dynamique collective a contribué à forger l’identité de la vallée autour du caractère sauvage et préservé du fleuve.
Pourtant, trois projets de construction de microcentrales hydroélectriques et de prises d’eau sur l’amont du Taravo et sur deux de ses affluents sont actuellement soumis à enquête publique jusqu’au 6 février 2026. La création de tels ouvrages dégraderait ces milieux exceptionnels et impacterait leur biodiversité. De plus, celui prévu sur le Taravo entraînerait très probablement la perte du label, fragilisant la gouvernance locale et les efforts de préservation.
Vous pouvez contribuer aux trois enquêtes publiques via le registre dématérialisé :
Ce cas n’est malheureusement pas isolé : de nombreux cours d’eau encore intacts sont exposés à des projets similaires. À cela s’ajoute l’impact du changement climatique : le rendement global des installations hydroélectriques dépend de plus en plus de la quantité d’eau disponible tout au long de l’année. Pendant les périodes sèches, la production peut être beaucoup moins importante que prévu, tandis que le stress sur des milieux déjà fragiles s’accroît.
Si les microcentrales représentent une source d’énergie renouvelable intéressante, elles ne sont pas adaptées à tous les cours d’eau et doivent être envisagées avec prudence, en prenant en compte la préservation des écosystèmes et la résilience des rivières face au dérèglement climatique.
Photos : Yannick Gouguenheim, ARRS


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